Licenciement économique : le cas de Ford à Blanquefort

Au cours de son existence, une entreprise peut être amenée à envisager le licenciement d’un ou plusieurs employés. L’employeur a le droit de licencier un salarié pour des causes spécifiques. Il peut s’agir d’une faute ou d’une inaptitude professionnelle par exemple. À plus grande échelle, lorsque les difficultés financières sont installées, il peut également avoir recours au licenciement économique. C’est ce qui est arrivé aux employés de Ford de Blanquefort.

850 salariés menacés par la fermeture de l’usine

Le constructeur automobile Ford envisage de fermer son usine de fabrication de boîtes de vitesse de Blanquefort en Gironde, ce qui entraînerait une forte vague de licenciement économique. Cette décision implique le licenciement de 850 salariés.

Ford s’est implanté à Blanquefort en 1973. Les ennuis de l’usine girondine ont commencé en 2000, alors qu’elle souffrait de la vente de 4X4 aux États-Unis. À ce moment-là, 400 des 3 250 emplois de Ford avaient déjà été supprimés. C’est grâce à la Ford Mustang que le fonctionnement du site a pu être maintenu. Puis, le climat s’est à nouveau détérioré pour l’usine en 2007, faisant craindre la fermeture définitive aux employés. Mais l’allemand HZ holding reprit l’usine en 2009 et le site est alors devenu Ford Aquitaine Industrie (FAI). Cette reprise a donné un nouvel espoir qui n’a pas duré très longtemps, car les actionnaires allemands ont malheureusement échoué dans leur projet.

Ford a ainsi repris les rênes en 2011. Les aides publiques lui ont permis de mettre en œuvre un nouveau projet : la transmission à six vitesses. Toutefois, les salariés ont été mis au chômage technique car les cadences étaient très faibles. Une annonce de suppression de 10 % des effectifs mondiaux a eu lieu en 2017. Début 2018, il ne restait plus que 852 salariés. Ford fait finalement part de son projet de fermer l’usine pour la fin août 2019.

Licenciement économique : le cas de Ford à Blanquefort

La validation du PSE

En matière de licenciement économique collectif, toutes les entreprises employant au moins 50 salariés sont obligées de mettre en place un plan de sauvegarde de l’emploi ou PSE. Ce dispositif légal vise à alléger au maximum l’impact de cette décision.

Ford a reçu une offre de reprise de son site de la part du belge Punch Powerglide l’an dernier. Suite à des négociations approfondies pendant des mois, le constructeur américain a rejeté l’offre. Il a affirmé via un communiqué que le plan suggéré par le repreneur potentiel présente des risques considérables. Ce projet proposait le maintien de 350 à 400 des 850 salariés, 300 à 350 en préretraite et 100 à 150 pouvant être repris par la filiale de Ford, l’usine Getrag de Blanquefort.

Ainsi, Ford a jugé préférable un plan social à cette offre de reprise de Punch Powerglide. La Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte) a validé le PSE de Ford début mars 2019. Ce plan social scelle de manière définitive le sort de l’usine de Blanquefort, dont l’activité doit cesser fin août 2019.

Selon les conditions du PSE, entre 300 et 400 salariés pourront être éligibles à la pré-retraite. Ainsi, 400 à 500 licenciements économiques sont tout de même prévus. Le PSE porterait sur une moyenne de 190 000 € par employé. Il est à noter que cette somme est contestée par les syndicats, car ce budget moyen camoufle de fortes inégalités de situation.

Ford estime pour sa part que son plan social est très complet. Il comprend un projet de reclassement et de retraite anticipée, ainsi que des mesures ayant pour objectif d’aider les salariés à trouver un nouveau travail, à monter leur propre boîte ou encore à profiter de stages de reconversion.

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