Quelles preuves sont recevables pour prouver l’infidélité de son conjoint lors d’un divorce en Suisse ?

Votre conjoint vous trompe et vous souhaitez mettre fin à la relation ? Lorsque l’adultère s’immisce dans la vie conjugale d’un couple, l’époux victime peut engager une procédure de divorce pour faute à condition d’apporter les preuves devant le juge. En réalité, la certitude et l’intuition ne suffisent pas à prouver une infidélité dans le cadre d’un divorce dans le droit suisse. Pour avoir toutes les chances de réussir, vous devez fournir certaines preuves.

Comment prouver l’infidélité de votre conjoint dans le cadre d’un divorce en Suisse ?

Quelles preuves sont recevables pour prouver l’infidélité de son conjoint lors d’un divorce en Suisse ?

En cas d’adultère, l’époux victime a la possibilité de saisir le juge afin d’obtenir le prononcé du divorce aux torts exclusifs de l’époux fautif. Voici une liste des preuves formelles acceptées par le juge.

Le constat d’adultère par un huissier de justice

Dans le cadre d’une procédure de divorce à Genève, les constats d’huissier constituent une preuve redoutable. Lorsque le constat doit être dressé hors du domicile conjugal, vous devez obtenir l’autorisation du président du tribunal de grande instance qui n’est rien d’autre que le juge chargé des affaires familiales. Notons qu’avant que cette autorisation ne vous soit accordée, vous devez rapporter des éléments qui laissent suspecter des actes d’infidélité de la part de votre conjoint.

Les SMS, les mails, et les lettres

Pour attester de l’infidélité de votre conjoint, vous avez aussi la possibilité de regarder les messages reçus par votre conjoint depuis son portable ou sur sa messagerie vocale et électronique. Soulignons que ceci doit être fait sans contrainte, sans violence, sans vol et sans fraude. Pour ce faire, prenez des photos pour prouver que son portable ou son ordinateur est régulièrement laissé à la portée de n’importe quel membre du foyer. Le but est de prouver que vous avez reçu ses preuves d’infidélité sans faire quoi que ce soit. Le juge pourra alors accepter ces preuves si le destinataire, l’heure et la date des sms ou de la photo sont visibles et prouvent la faute et l’adultère du conjoint.

Pour plus de sécurité, faites appel à un huissier de justice. Ce dernier va établir un constat en se basant sur le numéro de portable, le numéro de carte SIM, le numéro IMEI du téléphone de votre conjoint. Son constat se fera également en tenant compte du numéro de téléphone du destinataire ainsi que les faits attestant l’infidélité.

Le rapport d’un détective privé

Quand vous reprochez à votre conjoint d’entretenir une relation extra-conjugale, il faudra réunir toutes les preuves et être certain que ces preuves ont été obtenues sans fraude ni violence. À cet effet, le rapport établi par un détective privé s’avère très utile pour apporter la preuve d’adultère. Le juge acceptera sans aucun doute cette preuve.

Les réseaux sociaux et les sites de rencontre

Toujours dans l’optique d’apporter des preuves d’adultère dans le cadre d’une procédure de divorce à Genève, vous pouvez également aller sur internet et regarder les réseaux sociaux et les sites de rencontres où est inscrit votre conjoint. Peut être considérée comme preuve d’infidélité la preuve d’une inscription sur un site de rencontre.

Est-ce utile d’avoir recours à un avocat en droit de la famille pour prouver l’infidélité de son conjoint ?

Dans le cadre d’une procédure litigieuse, l’avocat en droit en de famille est en mesure de conseiller ses clients sur les différents choix qui s’offrent à lui. Devant le juge, il représente également ses clients et agit en justice. Ce professionnel étant bien informé sur l’évolution de la loi et de la jurisprudence, il pourra bien défendre vos droits. Par ailleurs, l’avocat peut aussi agir en tant que médiateur. La médiation est une méthode de résolution non-violente des conflits.

Quelles sont les limites aux preuves d’adultère dans le cadre d’un divorce ?

Quelles preuves sont recevables pour prouver l’infidélité de son conjoint lors d’un divorce en Suisse ? #2

La loi prévoit certaines limites aux preuves qui seront apportées par le conjoint dans une procédure de divorce pour adultère à Genève. Ainsi, il est fait interdiction aux enfants de témoigner de l’adultère de l’un de leurs parents. Le but de cette mesure est de protéger les enfants et de préserver leur sécurité, leur impartialité et d’éviter de détériorer le lien familial.Il est aussi interdit d’obtenir des documents normalement protégés par un mot de passe, d’installer des micros et des caméras dans le domicile conjugal.

Maxime Legendre
Journaliste sur Avocat Droit du Travail